L’eau et les rêves / Bachelard

Quelques phrases de Bachelard que j’aimerai , pour quelques unes, faire interpréter . Les autres constituent une source d’inspiration…

« L’appel de l’eau réclame en quelque sorte un don total, un don intime. »

« L’eau veut un habitant »

« Vouloir l’eau c’est vouloir être en elle »

A propos de l’imagination intime des forces végétantes et matérielles : « trouver derrière les images qui se montrent, les images qui se cachent, aller à la racine même de la force imaginante. »

« Au fond de la matière, pousse une végétation obscure, dans la nuit de la matière fleurissent les fleurs noires. Elles ont déjà leur velours et la formule de leur parfum. »

 » En rêvant près de la rivière, j’ai voué mon imagination à l’eau (…) il n’est pas nécessaire que ce soit le ruisseau de chez nous, l’eau de chez nous.

L’eau anonyme sait tous mes secrets. Le même souvenir sort de toutes les fontaines »

« On ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve, parce que, déjà, dans sa profondeur, l’être humain a le destin de l’eau qui coule. L’eau est vraiment l’élément transitoire. Il est la métamorphose onthologique essentielle entre le feu et la terre »

« L’être voué à l’eau est un être en vertige. il meurt à chaque minute, sans cesse quelque chose de sa substance s’écoule. »

« La mort quotidienne n’est pas la mort exubérante du feu qui perce le ciel de ses flèches, la mort quotidienne est la mort de l’eau. L’eau coule toujours, l’eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale »

« La mort de l’eau est plus songeuse que la mort de la terre : la peine de l’eau est infinie »

« L’être est avant tout un éveil et il s’éveille dans la conscience d’une impression extraordinaire. L’individu n’est pas la somme de ses impressions générales, il est la somme de ses impressions singulières »

« La rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. »

« Le poète le plus profond trouve l’eau vivace, l’eau qui renaît de soi, l’eau qui ne change pas, l’eau qui marque de son signe ineffaçable ses images, l’eau qui est un organe du monde, un aliment des phénomènes coulants, l’élément végétant, l’élément lustrant, le corps des larmes. »

« La source est une naissance irrésistible, une naissance continue. »

« L’imagination n’est pas comme le suggère l’étymologie la faculté de former des images de la réalité. Elle est une faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui chantent la réalité. Elle est une faculté de surhumanité »

« L’imagination invente plus que des choses et des drames, elle invente de la vie nouvelle, elle invente de l’esprit nouveau; elle ouvre des yeux qui ont des types nouveaux de vision »

« La couleur déborde, la matière foisonne, les images se cultivent; les rêves continuent leur poussée malgré les poèmes qui les expriment. »

 

3 Commentaires

  1. Stéphane

    C’est chouette d’avoir ses phrases parce qu’on même imaginer dans un travail de recherche faire des improvisations de 10 minutes autour de chacune de ces phrases et voir ce qui en émerge.

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    1. animaldejuin (Auteur de l'article)

      J’avoue que c’est tentant! On peut commencer avec le texte de Ghérasim Luca déjà, mais après…pourquoi pas? Je serai assez curieuse de voir ce que vous improviseriez! Je pense faire intervenir ces phrases sous forme de voix , une personne en plan fixe qui dit tout à coup cette poésie, au milieu du monde envahi par les méduses, figurent quelques résistants, ce sont « les chercheurs de sens et de poésie » , des protagonistes qui errent dans la ville, entre demi-fou et demi-sage et lancent ces phrases comme des prophéties. Des « éclats » d’images dansés, de corps, pourraient aussi s’y prêter..

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  2. Champagne

    Ces citations portent des images d’une grande richesse. L’eau, principe fluide de vie, source de réflexions, alimente nos imaginaires. On ressent dans tes clichés ce qu’expriment ces quelques mots : une force brute et libre, quasi mystique. Tu les traduis en clichés d’une sensibilité fine, spéculaire. Tu n’imposes pas une façon de voir, elle est de fait différente, mystérieuse. Ton univers est tout à fait borgésien. On pourrait s’ y rencontrer sur un banc plus âgé. C’est un
    monde de l’au-dela du miroir, du non-dit, du silence
    plein. Tu as lu Daniel Arasse? Il est très subtil dans
    son approche des oeuvres d’art.

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